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CLEC 0726
ecole centrale de clausen

3ème prix du concours d'architecture organisé par la Ville de Luxembourg

Une « nouvelle jeunesse » pour le quartier de Clausen
L’école que nous proposons est une partie constituante du quartier et un lieu d’identification pour la population locale. Elle contribue, par son implantation et par l’aménagement d’une place publique reliée à l’église via une nouvelle passerelle sur l’Alzette, à créer un véritable centre faisant jusqu’ici défaut dans le quartier de Clausen.

Ce centre de quartier, en dehors des voies principales de circulation, est un lieu privilégié de la vie sociale : le centre sociétaire de la maison Michel Rodange, les écoles précoces, préscolaires et primaires, la salle de sports et de festivités, le tout rehaussé d’aires de jeux et d’espaces de récréations regroupés autour d’une place publique, vont générer un lieu attractif pour accueillir les habitants du quartier et leur permettre de porter un nouveau regard sur celui-ci, de le redécouvrir. C’est un nouveau pôle, un lieu de rassemblement, d’échange, d’implication, de partage et de détente, tant pendant qu’en dehors des heures de cours.

Une école comme lieu d’apprentissage de la vie en société.
La ville est la matérialisation de la vie en société
L’école du quartier/des quartiers est une portion de ville
Une école comme un ville à l’échelle des enfants.
Dans cette école, la classe est une « maison », le lieu du groupe, de la « famille », que l’on s’approprie et à laquelle on peut s’identifier.
Les classes sont disposées sur une « rue » : espace de rencontre, de mouvement, d’échange, support d’exposition, lieu d’expérimentation.
La salle de sport au centre est une « place », un lieu de rassemblement, d’exercices, de loisirs et de festivités, ouverte et visible de tous depuis la « rue ».
Un lieu ou chacun peut se découvrir à soi-même et apprécier les différences.
Différenciation, variété de situations et d’espaces permettent de mettre en évidence les choix, affinités subjectives et les éléments de consensus. Elles donnent un cadre physique à la mise en valeur et à l’appréciation des différences et des points communs. Le bâtiment peut devenir le support et le prétexte aux échanges.
Les classes sont des espaces orthogonaux, calmes, baignées de lumière diffuse, profitant de vues contemplatives. Les espaces de circulations comme les espaces extérieurs sous une lumière plus contrastée sont riches d’expérience spatiales propices au défoulement, au jeu, à la découverte.

Vues et lumières
Dans l’école primaire, les classes sont disposées le long de la rivière. Elles profitent d’un éclairage diffus et de vues sur les falaises. Le débordement de toiture, constitué de lamelles orientables, joue un rôle de réflecteur de lumière.
La couverture vitrée de la « rue » intérieure et la disposition des coursives du côté Sud de celle-ci permettent une diffusion en profondeur des rayons du soleil tout en évitant la surchauffe, la « rue » faisant office d’espace tampon.
Les parties hautes des parois de la salle de sport sont partiellement vitrées permettant, outre les vues transversales au travers du projet, une répartition de l’éclairage naturelle jusque dans la salle.
Les façades exposées au soleil sont équipées de protections solaires sous forme de lamelles extérieures.
Pour la partie précoce/préscolaire les circulations côté Sud font également office d’espace tampon accumulant la chaleur de manière passive en hiver et protégeant les classe de la surchauffe en été. L’importance de placer les classes au Nord est ici d’autant plus grande que les petits enfants sont encore plus sensibles à la chaleur. Une partie de la cour est d’ailleurs aménagée à l’ombre de la maison Rodange profitant de plus de fraîcheur côté rivière.

Une intervention intégrée et paysagère
Le projet prend place sur une site contrasté, entre la rivière au Nord et une « falaise construite » constituées par les arrières des maisons de la Montée de Clausen au Sud.
En entrant depuis la Montée de Clausen, on découvre un nouvel espace publique d’échelle adaptée au quartier, c’est une première cour pour la partie précoce et préscolaire, aménagée d’espaces différenciés de jeux et de loisirs. Cette place, sur laquelle la maison Michel Rodange tient une place privilégiée, est bordée au Nord par le bâtiment de l’école précoce et préscolaire et à l’Ouest par l’ensemble formé par l’école primaire et la salle de sport. Entre ces deux bâtiments un passage prolongé d’une nouvelle passerelle sur l’Alzette permet de rejoindre l’autre rive et l’église.

Pour l’ensemble, la hauteur des bâtiments est volontairement limitée à deux niveaux afin de respecter l’échelle des constructions du quartier. Un jeu de nuances est établi entre les groupements par quatre des classes de l’école primaire, qui séquencent la longue façade sur l’Alzette et la longue toiture plantée qui souligne la courbe de la rivière et rassemble ces « maisons ». Cette combinaison donne subtilement à l’ensemble une dimension digne d’un équipement collectif représentatif.

Vue depuis les hauteurs alentour, les toitures, en tant que cinquième façade, sont bien plus qu’une couverture traitée esthétiquement. Elles reconstituent une partie de la topographie originelle du site et deviennent surtout un lieu vivant qui prolonge les espaces publics environnants. Des passages piétons mènent vers des aménagements de jeux et de loisirs à l’abri des nuisances du trafic et aménagés en belvédère pour profiter d’un panorama hors du commun sur le quartier, les falaises, les fortifications et le futur parc du site de l’ancien château de Mansfeld. Il s’agit donc bien d’un élément de paysage vu depuis les aménagements des anciennes fortifications des Trois Glands, mais également d’un point de vue privilégié et pittoresque sur ce méandre de l’Alzette, une nouvelle étape sur les promenades qui traversent les quartiers historiques de la ville.

stade: concours mars 2008

maître de l'ouvrage: Ville de Luxembourg

architectes et collaborateurs: Anne-Sophie Mertz, Arnaud De Meyer, Nico Steinmetz

images: www.quickit.be

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