Restauration et transformation du Pavillion de la Source Kind à l'entrée du Parc Thermal de Mondorf-les-Bains
Mondorf-les-Bains (LU)
stade: chantier 1999-2001
maître de l'ouvrage: Administration des Bâtiments Publics
architectes / collaborateurs: R. Siegle, C. Pochet
stabilité: T6 / Ney & Partners
techniques spéciales: Goblet & Lavandier
budget: /
surface: /
volume:
La source KIND fut découverte 'par hasard' en 1846 par le chef porion K.G. Kind, lors d'un forage jusqu'à 730 m de profondeur, à la recherche de sel gemme. Faute de trouver du sel, cette source d'eau thermale aux vertus curatives fut ainsi à la fin du 19e siècle à l'origine de la naissance du site thermal de Mondrof-les-Bains, au Sud du G.-D. de Luxembourg.
Après la 2e guerre mondiale, les visiteurs pour le thermalisme se faisant de plus en plus rares, il fut décidé au début des années '60 de construire un nouveau pavillon sur ladite source, afin de manifester celle-ci et rendre le site plus attractif.
Réalisé en 1963 par l'architecte de l'Etat Constant Gillardin, ce pavillon a permis un certain temps de donner un nouvel élan, mais le thermalisme allait s'orienter plus sur les bains et les soins du corps qu'à la consommation des eaux thermales. Le nouveau pavillon fut ainsi lentement laissé à l'abandon, pour n'accueillir dans les années '90 que des petites expositions de peintres amateurs dans un lieu désuet.
Très coûteux à l'entretien et présentant bon nombre de problèmes constructifs, le pavillon devait être démoli, si les pouvoirs publics n'avaient pris l'initiative de faire faire une étude de reconversion complète, afin de sauvegarder ce témoin des recherches architecturales des années '60.
Les architectes ont ainsi pu approcher la problématique de ce pavillon depuis sa programmation jusqu'à sa transformation.
La construction du pavillon présentait une série de techniques de construction novatrices des années '60, tant au niveau des structures légères en acier qu'au niveau des ouvrages béton armé ou des techniques de vitrages isolants et réfléchissants.
L'étage (niveau corniche) offrait un plateau mesurant environ 15 x 15 mètres, libre de tout appui intermédiaire, sous une toiture plate légère réalisée avec des profilés acier ajourés et reposant sur une structure périphérique en profilés acier affinés vers leur sommet et disposés en "V" pour reprendre les efforts horizontaux.
Des double vitrages réflichissants, teintées au cuivre, étaient directement insérés entre ces structures en "V". Sur les trois côtés sortant du niveau corniche, des balcons en porte-à-faux de plus de 3 mètres avaient été réalisés en structures plissées béton armé coulé sur site.
Le plancher sur rez présentant une ouverture libre de 6 mètres de diamètre était réalisé en dalle nervurée d'environ 15 x 15 mètres sans appuis intermédiaires. Au centre du rez-de-chaussée, sous l'ouverture circulaire, se trouvait une fontaine, à laquelle les curistes pouvaient goûter l'eau de la source. Un escalier hélicoïdal par une plus petite ouverture dans la dalle, sur le côté, permettait de relier le rez et l'étage.
Au fil du temps, les ouvrages en verre et les étanchéités des terrasses ont présenté les plus grands problèmes: les double vitrages ont perdu leur étanchéité à l'air et les couches réfléchissantes ont oxydé; les structures en acier traversantes intérieur - extérieur ont généré des problèmes de condensation d'eau rendant l'utilisation hivernale difficile, voire impossible pour une pièce d'eau!
Le défi était donc de mettre en valeur les structures novatrices et les grands espaces libres qui en découlaient et de redresser les problèmes constructifs mal résolus à l'époque, faute d'expériences et de connaissances des problématiques thermiques.
Pour la nouvelle programmation de ce pavillon sis à l'entrée d'un parc public adjacent au centre thermal, les architectes ont proposé de requalifier l'étage en tant qu'Orangerie: 'espace végétal' complémentaire aux espaces et plantations du parc, accueillant pendant la période hivernale des plantes originaires de régions plus tempérées et permettant au parc d'enrichir sa collection d'espèces végétales.
D'autre part, les architectes ont insisté sur l'opportunité d'intégrer cette Orangerie aux chemins du parc et d'utiliser le pavillon pour franchir la différence de niveau vers la corniche.
Un grand escalier public est ainsi aménagé dans l'ouverture centrale de la dalle et un ascenseur pour les personnes moins valides passe par l'ouverture latérale de l'ancien escalier.
Au rez-de-chaussée l'espace est réaménagé et équipé pour des expositions diverses. Les espaces servants y sont aménagés dans un volume indépendant, le back-office; les installations techniques disparaissent dans deux placards en bois.
L'aménagement d'une Orangerie à l'étage a permis d'exploiter au maximum la légèreté des structures en acier et de tirer parti de l'important développement de surfaces vitrées.
Les architectes ont proposé d'insérer une nouvelle membrane fine en verre extra clair, indépendante des structures existantes, de manière à écarter les problèmes thermiques, mais surtout afin de bien mettre en évidence le caractère filigrane des structures en "V".
En retrait de quelques 75 cm la nouvelle peau en verre témoigne des innovations techniques de notre temps: la nouvelle structure sur 560 cm de haut est réalisée en fers plats 120 x 20 mm, les vitrages mesurant 272 x 213 cm et 12 mm d'épaisseur sont fixés par boulonnage à des pattes en acier inoxydable découpées au laser dans des tôles et pliées, elles-mêmes boulonnées aux fers plats verticaux de structure.
Les ouvrages vitrés présentant une durée de vie moyenne dans le cycle d'une construction ont ainsi été remplacés; les structures, à durée de vie plus longue, ont été conservées et remises en valeur.
Les abords ont églament fait l'objet d'une redéfinition: jadis entouré au rez-de-chaussée d'une terrasse minérale, le tapis végétal est aujourd'hui prolongé jusqu'au pied de parois extérieures, sous-les balcons, pour renforcer l'aspect pavillonnaire dans le parc. Ce détachement est renforcé par la mise en place d'une passerelle en acier / bois entre la place du Quai Fleuri et le pavillon, au-dessus du tapis végétal, mais cette passerelle devient également signe de connexion, qui rapproche le pavillon des utilisateurs.
De même à l'étage, la géométrie carrée du pavillon est renforcée au sol: le nouveau revêtement en bois sur les trois balcons est prolongé pour faire le tour de tout le pavillon, qui reçoit ainsi sa propre assise pour mieux se distinguer de l'aire de la corniche.
Ce projet est le témoin d'une démarche très sensible et pertinente sur les strates historiques et leur signification dans les cycles de vie d'un bâtiment.
Par la programmation tout comme par le détachement des nouvelles interventions, une strate historique se rajoute, et même si récents et proches de nous, cette manière de procéder a permis de renforcer les éléments essentiels et novateurs de cette construction des années '60.









