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Le bureau luxembourgeois de Nico Steinmetz et Arnaud De Meyer a été consulté pour la construction d’une maison dans un petit lotissement de Vieusart, en Brabant Wallon, datant des années soixante. Quand logique spatiale et règlementation s’opposent nait la maison La réalisation d’une maison dans un petit lotissement de Vieusart était dictée par la pente du site. Mais c’était sans compter sur le règlement Wallon.
Le bureau luxembourgeois de Nico Steinmetz et Arnaud De Meyer a été consulté pour la construction d’une maison dans un petit lotissement de Vieusart, en Brabant Wallon, datant des années soixante. Le terrain présente une pente de 15 à 20 mètres de dénivelé qui se termine sur la rue principale. L’orientation vers la rue et la vallée est sud-est. D’emblée l’idée la plus raisonnable est de positionner la maison sur le haut du terrain pour profiter des conditions morphologiques et des meilleures vues – et, au passage, de diminuer l’impact du ruissellement des eaux. Un premier projet propose deux murs de soutènement sur lesquels est déposée une boîte en bois. Volumétrie essentielle et économique. Mais les brillants règlements du CWATUP, plus la surenchère locale, refusent les toitures plates, la boîte déposée sur des murs, le bois (“mais de la brique, les maisons se construisent avec des briques, même les enfants savent ça”), la différenciation des niveaux (“le risque est d’afficher – oh horreur – une dominante horizontale”) et imposent, naturellement, l’implantation du bâtiment sur la rue, même si la déclivité du terrain handicape les espaces de vie (“mais, vous comprenez, la corniche ne doit pas dépasser les 5 mètres de hauteur par rapport au niveau de la rue”). Pour finir, les tuiles doivent être plus foncées que les briques pour mettre en évidence la toiture. Les architectes ont essayé de détourner ces contraintes en choisissant de ne pas réfléchir à ces questions comme à des fatalités. Une première démarche a été de convaincre du bien fondé d’une implantation dans le haut du terrain par une dérogation. Ce choix permet de glisser le volume parallèlement à la pente, entre deux niveaux, de manière à pouvoir accéder à l’extérieur par les deux étages. L’autre option fondamentale est de travailler avec des portiques en bois, disposés parallèlement au sens de la pente. Le volume se présente ainsi comme une enveloppe continue et unie en terre cuite foncée qui recouvre le toit et les façades nord et sud. Les deux autres façades, principalement vitrées et habillées d’un bardage en cèdre, donnent l’impression que le volume a été coupé, pour laisser entrevoir l’intérieur, tout en renforçant le statut de ‘recouvrement’ de la terre cuite. La solution est élégante dans ses détails: la gouttière en zinc noir pré-patinée est posée sur la dernière ligne de tuiles et laisse intact l’effet de pliage de la matière entre toit et façade. Les interventions en bois ponctuent la maison en accentuant des situations stratégiques: l’entrée, la terrasse, la protection de l’ensoleillement, etc. L’intérieur est sobre. Les cloisons sont très peu présentes et l’espace jouit de vues en diagonale et de perspectives vers les paysages alentours. Le critère d’économie de moyens a poussé à réfléchir aux éléments constructifs pour trouver des solutions efficaces. Les portiques en bois sont affirmés et stabilisés grâce à des entraits métalliques; des profils en U qui accueillent l’éclairage tout en collaborant à la stabilité des châssis des façades latérales dans le but d’épurer la construction. Le bilan est que, malgré une situation initiale peu favorable, il est possible de réaliser une architecture cohérente, au prix de longues négociations et d’un travail continu sur les détails et sur le chantier, pour adapter les matériaux aux nouveaux dessins.
MAISON BORBATH – BOUCQUEY construction d'une maison d'habitation à Vieusart (Belgique) maître d'ouvrage: M. & Mme Borbáth - Boucquey conception: steinmetz de meyer architectes urbanistes architectes collaborateurs stdm: M. Vereecken, D. Bouche, G. Deplus stabilité et suivi de chantier: AA&K architectes-ingénieurs borbath.keintzel.malevez & partners surface: 290 m2
MAURIZIO COHEN
A+205 - avril-mai 2007
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