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BLVLN 1008

habiter un parc

Belval Nord - L’optimisation de l’espace par la construction

Pour ce projet situé au sud du pays sur le site industriel en reconversion de Belval, le cadre est similaire à celui rencontré à « Kiem », d’une nouvelle urbanisation.

Il s’agit ici aussi d’un type de projet pour lequel à la base – et on le retrouvera également dans le projet de « Grünewald » – les volumes sont impérativement fixés au niveau des prescriptions urbanistiques.

Dès lors que nous n’intervenons pas au niveau de la lecture du site ni dans la manière de s’implanter, notre travail consiste en l’organisation interne dans un gabarit donné et à un travail de composition sur les façades, c’est-à-dire à un dialogue entre les logements et leur contexte.

Les volumes et les matériaux de façades étant majoritairement prescrits, nous focalisons notre conception sur les éléments d’expression du bâtiment, soit un exercice de style pour parvenir à ne pas « caserner » et trouver le juste équilibre entre l’identité individuelle et la fonctionnalité. Un exercice de style qui a toute son importance pour un promoteur qui doit se différencier de son voisin dans un plan d’urbanisme qui impose tout. La solution est alors à trouver dans ce que le règlement n’interdit pas, en apportant les petites impulsions qui contribueront à caractériser le lieu.

Si la contrainte peut générer le projet, « Belval Nord » en est un des plus beaux exemples en terme d’optimisation de l’espace. La recherche menée ici est structurelle et concerne l’enveloppe du bâtiment, soit un paramètre important en terme d’épaisseur et qui a un impact non négligeable sur la surface de vente des logements en mètres carrés nets.

Dans les bâtiments passifs comme celui-ci, les murs peuvent atteindre jusqu’à 60 cm d’épaisseur.

Nous proposons de dresser des appuis métalliques légers en rive de dalle avant d’apposer un « mur rideau » en bois. Les panneaux de bois massif autoportants de 9 cm d’épaisseur ont pour unique fonction de tenir l’isolant, la façade et les fenêtres. Le résultat est optimal puisque l’épaisseur du « mur » ne mesure plus que 40 cm sur l’ensemble du pourtour des deux bâtiments et ce, à tous les étages. Une solution qui s’avère plus couteuse à la base, mais qui est rentabilisée d’une part par le gain de surface nette et, de l’autre, par le gain de temps de construction.

Dans le même objectif d’optimisation, nous travaillons sur des plans efficaces, au mètre carré près, suivant les exigences du promoteur; des plans qui préfèrent les noyaux aux couloirs, signifiés en extérieur par un travail sur l’entrée flanquée d’un petit parvis et de bancs.

Le caractère du bâtiment s’exprime en façade par un travail sur les ouvertures. Si le règlement interdit les balcons, le rapport à l’extérieur, essentiel dans la philosophie STEINMETZDEMEYER, doit trouver sa solution. C’est sous la forme de loggias, superposées pour des raisons d’optimisation de l’enveloppe passive du bâtiment, que le rapport à l’extérieur se crée.

Tout autour, des ouvertures libres sur l’enveloppe contrastent avec la rigueur produite par les loggias. Un grand travail de codification a été mené sur ces ouvertures : à partir de trois tailles de fenêtres, elles adoptent une disposition précise en fonction des pièces, par unité ou par complémentarité. Etant fortement attachés à la fonctionnalité du moindre élément constructif - seuils, caissons, garde-corps, stores, etc - rien n’est formel ici, les données sont juste cryptées. La qualité esthétique se concentre dans ces trois modèles de fenêtres. A la répétitivité, le déplacement donne une latitude en hauteur et en largeur qui permet une animation de la façade. Poursuivant le même but de qualification les façades, l’intérieur des loggias est peint dans un vert très chaud avec de légères variations dans les teintes.

Entre les deux ailes de l’immeuble, le travail paysager joue avec les ondulations pour dégager des zones protégeant les espaces privatifs des terrasses du rez-de-chaussée.

Auteur: Sévérine Zimmer

anciens collaborateurs: E. Duval, J. Marquis, A. Bär