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SKPRK 18

Ensemble d'immeubles de bureaux Skypark

Contexte :

Située dans l’aire aéroportuaire, sur un terrain en longueur représentant une superficie totale de près de 3 hectares, le projet englobe les enjeux majeurs du développement du plan directeur « Airport City », entre le terminal et le Golf-Club Grand-Ducal d’une part et s’étalant de l’intersection à la hauteur de l’hôtel Ibis jusqu’à la Centrale de cogénération d’autre part.

Le site en question présente 3 limites sensibles par rapport à son contexte aéroportuaire : 

Au sud, situé juste au-dessus du niveau de toiture de la passerelle amenant au terminal B, il fait face au tarmac.  Il profite ainsi d’une vue imprenable sur les atterrissages et décollages journaliers ainsi que sur les opérations de chargement et de déchargement au sol. Ce ballet continu constitue un spectacle unique.

En revanche, cette face du site est également exposée aux importantes nuisances sonores ponctuelles et permanentes des moteurs des avions et des nombreux véhicules de service sur le tarmac. 

Ces deux caractéristiques a priori contradictoires sont prises en considération dans le développement du projet. 

Entre le niveau d’entrée à l’aérogare et la zone de livraison en contrebas, environ 14 mètres de différence de niveau servent à intégrer 4 étages de parking de plain-pied et communiquent avec les 4 niveaux du parking souterrains existants. La voirie d’accès fait l’interface entre la zone sécurisée du tarmac et les plateaux de parking et garantit un accès permanent à la zone de livraisons de l'aérogare.

Au nord, le site fait face au grand espace du parking à ciel ouvert existant, qui sera encore agrandi. L’axe mobilité des bus et taxis longe cette limite au nord du site. Le projet forme avec le terminal A de l’aérogare un ensemble offrant une façade de plus de 400 mètres de long dont cette dernière constitue l’aboutissement.

À l’est, le site vient se juxtaposer à l’aérogare. Tout en préservant l’accès aux zones de livraisons de l'aéroport en contrebas, des constructions en porte-à-faux étant permises, il existe ici un réel potentiel de connecter le niveau -1 du terminal A au projet, ainsi que d’apporter une réelle plus-value qualitative à l’aménagement projeté du « tunnel/mezzanine » longeant le projet. 

Implantation : des questions d’échelles

Avant-propos : le programme du concours prévoit de l’ordre de 30’000m2 bruts de bureau. En étudiant l’approche urbanistique du projet et sa volumétrie, suivant les principes énoncés ci-dessous, nous avons acquis la conviction qu’il est possible que le site accueille environ 46’000m2 bruts (hors parking) dans un ensemble développé en totale harmonie avec l’aérogare.

Le spectacle des avions :

Le projet vise pour les bureaux à jouir d'un maximum de surfaces vitrées sur l'aéroport, sa piste de décollage et son tarmac de stationnement des avions. La forme développée en zig-zag permet d’augmenter la longueur de façades et d'ouvrir des vues vers les avions, bien plus que des façades en vis-à-vis implantées orthogonalement. La dynamique spatiale ainsi générée met clairement l'accent sur le spectacle des va-et-vient des départs et arrivées des avions.

L’échelle urbaine :

De par la très grande longueur du site, et afin de faire honneur au nom "SkyPark", nous avons introduit dans ce zig-zag générique des ruptures en façade Nord. Les enjeux pour un immeuble de plus de 300 mètres de long est d'introduire une échelle urbaine côté trottoir, qui fonctionne parfaitement à l'échelle du piéton. Les repères visuels sont ici limités à quelques 150 mètres de distance visuelle, les brisures de façades créent des repères proches et lointains, permettant aux piétons de mieux se situer et de « mesurer » leur trajet. Depuis les voiries, nous percevons ainsi des immeubles qui forment un grand ensemble cohérent, « UN » immeuble fragmenté.

Pour renforcer encore les repères visuels pour les visiteurs, les immeubles présentent des variations en hauteur, étudiées pour mettre en valeur l'aérogare. Ce skyline animé confère une identité unique au projet à son approche depuis la rue de Trèves/RN 1.

L’implantation en zig-zag présente ainsi un début et une fin différentiés et clairement reconnaissables. 

L’extrémité ouest des immeubles se relève et forme un porte-à-faux qui cadre la vue sur le terminal A et sa toiture caractéristique en fond de perspective. Au pied de cet immeuble élevé, un auditoire commun à l'ensemble des usagers vient mettre un point marquant sur la dernière cour Nord. 

A l’extrémité est, contre le Terminal A, un immeuble solitaire prend place tel un campanile entre deux espaces publics qui articule la connexion entre le projet et le terminal.

Une connexion depuis le niveau inférieur de l’aérogare :

Une brisure particulière se produit au pied de l'aérogare même. Il s’agit ici d'attirer les piétons (voyageurs, visiteurs, femmes et hommes d'affaires) sur un espace public extérieur de qualité et bien ensoleillé. Dès la sortie après la récupération des bagages, les voyageurs ont la possibilité de se diriger vers l’ouest à l’extérieur. Un jardin illuminé à ciel ouvert permet d’accéder de plain-pied au premier niveau de parking, ou de rejoindre les espaces publics du Skypark Business Center via des escaliers et ascenseurs extérieurs.  Des espaces de bureau peuvent être aménagés sur ce jardin à ce niveau, par exemple pour les besoins des compagnies de location de voitures (qui profiteront également des parkings souterrains). La profondeur entre le « tunnel/mezzanine » et ce jardin à ciel ouvert est également aménagée en commerces et largement vitrée afin d’offrir à cette zone enterrée de larges vues et de la lumière naturelle, la rendant plus attractive et annulant le caractère enterré des lieux.

Une place publique accueillante et attractive :

Le large trottoir qui longe l’aérogare s’élargit au pied de l’immeuble solitaire et s’ouvre sur une "SkyPiazza" accueillant des terrasses et espaces verts protégés des bruits de l'aéroport et du vent tout en profitant d'une belle vue sur celui-ci. 

L’observation des utilisateurs actuels démontre que ce type d'espace public extérieur attractif fait actuellement gravement défaut sur le site de l'aéroport. Nous les avons ici aménagés à proximité directe du Terminal principal avec une vue dégagée et protégée sur l'ensemble des activités aéroportuaires.

De cette place publique, les visiteurs peuvent accéder à une plateforme d’observation surélevée, surplombant d’autant plus le tarmac. Ce lieu offre une expérience unique pour les usagers du quotidien et les visiteurs occasionnels, il deviendra à coup sûr un lieu incontournable pour les passionnés d’aviation. Cette attractivité d’un observatoire ouvert au public est le gage d’une bonne fréquentation et d’une animation de l’espace public.

L’échelle du piéton :

Le fractionnement des alignements de la longue façade Nord permet donc au piéton de percevoir et de longer des bâtiments qui s’adressent visuellement à lui. Cette disposition « organique » des façades crée des avant-plans et arrière-plans et rendent la perspective de cette longue enfilade intéressante et attrayante, contrairement à un alignement « militaire » face au grand vide des parkings.

Pour accompagner et protéger le piéton sur la longueur du site, les rez-de-chaussée des immeubles sont mis en retrait le long du trottoir, de manière à générer une galerie protégeant des vents quelquefois forts sur le plateau, ou des pluies.

Une grande variété d’espaces extérieurs, des lieux reconnaissables, de possibles adresses distinctes :

Le développement de l'ensemble du complexe en zig-zag nous permet encore d'intégrer dans les immeubles différents espaces extérieurs : au sud, des grandes cours-jardins qui s’ouvrent sur le tarmac et au nord des cours plus intimes, sortes de déambulatoires avec des microcosmes paysagers plaisants aux yeux des personnes travaillant dans les bureaux, contrastant avec le grand vide de l'aire des parkings publics.

Une identité forte, une image évocatrice et reconnaissable :

Depuis le tarmac, l'identité du projet prend une toute autre allure. L'échelle est ici celle du tarmac, des avions, de la piste et des longs voyages... Une grande enveloppe acoustique vient couvrir les immeubles, les cours et les toitures vertes. D'un seul geste, ceux-ci sont protégés des pollutions acoustiques. Les voyageurs perçoivent à travers leur hublot l'unité du complexe et devinent des sous-espaces verts et variés derrière ce rideau transparent continu.

Outre la qualité des espaces de travail et leur grande flexibilité fonctionnelle, le projet vise à marier dans les espaces extérieurs, les grandes échelles à celles du bien-être du piéton, dans des espaces conviviaux de type urbain, avec partout l'ouverture cadrée sur le spectacle toujours fascinant des avions et des grands voyages.